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Il faut beau, il fait doux. Tout est étrangement calme, après 3 mois de prise d’otages par une bande d’hurluberlus qui rejouent la bataille de Paris. Et espèrent leur bain de foule sur les Champs Elysées le 8 mai 1945. Heu, 2017.

Tout est calme, en attendant le déferlement qui recommencera à 20h00, et pour encore 15 jours. Le pays est devenu est champ de bataille pour une sorte de guerre civile, avec des irréductibles partout. On pourrait être dans une arêne, ici, à Lutèce.

Mais on n’est plus dans une arêne, on est 47 millions dans un isoloir.
C’est terrifiant, et éreintant. On se croirait au fameux dîner de Noël où toutes les sensibilités familiales se retrouvent à la même table. On se gueule tous dessus, comme dans le village d’Asterix. Sauf qu’on attend toujours le banquet à la fin.

Aujourd’hui, il parait que l’abstention sera faible. Après une campagne terrifiante, où les masques sont tombés, les masques d’une période qui n’en finit pas de mourir, celle des arrangements, des compromissions, de l’oubli et des petites phrases, voilà que tout resurgit. Les candidats sont tous comptables de leur passé (et de leur passif), la demande de vertu est à son comble; la demande de vérité également.

Il n’y a pas à dire, la campagne a été disruptée. Par les (soi-disant) anti-systèmes, qui sont tant des hackers white hat que des chefs d’entreprise de la “Moi Corporation”. Par les nouvelles organisations politiques qui ont provoqué le débat, par la perméabilité et la capillarisation des idées dans le monde. Sans les 99%, point de Nuit Debout. Sans les Grecs ou les Espagnols, pas d’extrême gauche. Sans l’agit-prop islamique (celle qui a remplacé les FAR ou les BR), point de renouveau des fachos.

Comme on pouvait s’y attendre, lorsque l’homme providentiel de la Nation rencontre la “Ego society” des réseaux sociaux, ça disjoncte. Ce n’est pas qu’il y avait trop de candidats : 11 VS 16 en 2012. C’est que chacun veut convaincre l’autre, dans une expression démocratique qui est permanente. Et très fatigante, parce qu’elle mixe le public et le privé, les fuseaux horaires et le WTF. Révolution écrit le marcheur de l’un, révolution proclame l’hologramme de l’autre. Elle est pourtant déjà bien là, la révolution, et depuis un bail; l’inadéquation des règles de société à l’époque, et tout le monde de s’en affranchir.

Les uns affichent donc leur bulletin sur leur mur (“le vote est universel, égal et secret”, Article 3 de la Constitution française)

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Les autres postent déjà des chiffres — invérifiables — des élections aux USA.

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Tout ça pendant que les bookmakers anglais donnent Hamon à 250 contre 1. Et Poutou à 1000.

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Tout ça, pendant que #RadioLondres est autant aux mains des white et des black hats.

Tout ça, pendant que Libération dit qu’il ne respectera peut-être pas “l’embargo” sur les sondages. Traduisons-les, qu’il violera la loi électorale (et s’exposera donc à une amende de 75.000 €)

Tout ça, pendant que d’autres medias se demandent s’ils auront les résultats à 20h (basés sur des estimations des fameux instituts de sondages).

Tout ça, pendant que le Conseil Constitutionnel tente désespérément d’encadrer le bouzin (et en vain, le “préférable” n’étant pas juridiquement contraignant) en proclamant que :

Ces limitations ou interdictions s’imposent tout particulièrement à ceux qui ont à la fois un intérêt à influencer l’électorat et les moyens de le faire, comme les candidats et les formations politiques qui les soutiennent ou ont patronné leur candidature. Les limitations et interdictions relatives aux campagnes sur internet s’appliquent donc intégralement aux comptes détenus, sur les réseaux sociaux, par ces personnes.

Les citoyens ne sont pas non plus exemptés du respect de ces règles. Il est donc préférable de s’abstenir de toute activité de propagande la veille et le jour du scrutin.

Tout ça pendant qu’on cite du “mon général” toutes les 10 secondes, alors que le plus loin souvenir des électeurs est un Giscard Mitterand (mais le monopole du coeur date de 1974).

Tout ça, pendant que l’ironie et la créativité se déchainent, n’en déplaise au comité invisible.

Tout ça, pendant que les nouveaux maître du monde, les GAFA, font la politique que nous ne faisons plus et nous rappellent à nos droits et devoirs.

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La campagne qui s’est déroulée aura clivé la société, mais eu le mérite d’en révéler les failles. C’est exaltant, parce que la chose publique n’est pas morte. C’est fatigant, parce que l’accouchement de la suite est forcément douloureux.

Ce soir, et encore pour les 15 prochains jours, notre (temps de) cerveau sera indisponible à autre chose que le bien contre le mal, la peste contre le choléra, la haine contre le front républicain, les républicains contre les démocrates, les riches contre les pauvres, les jeunes contre les vieux, les zoreilles contre les zautres.

Ce soir, j’ai soirée belote.

Quant à demain, on attend 16° à Paris, et il ne pleuvra pas. Alors qu’il a plu 17 fois sur les 30 dernières années. Ça fait réfléchir, non ?

NB : la véritable élection, n’en déplaise aux medias et aux staffs de campagne, se déroule les 11 et 18 juin prochain.

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futur(e)(s) & beaucoup de morceaux de troll

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